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Lettre de S.E.M. Tsukasa KAWADA
Ambassadeur du Japon en Algérie

février 2014 -Lettre n°7 « Gastronomie et mondialisation »-

ambassadeur

« Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es. » C’est ce qu’a écrit Brillat-Savarin dans son fameux livre « Physiologie du goût » au 19e siècle. Mais je crois que ce n’est plus le cas à l’heure actuelle de la mondialisation. Je suis sûr que M. Brillat-Savarin ne peut pas deviner que je suis Ambassadeur du Japon à partir de ce que j’ai mangé hier soir. C’était le couscous ! La mondialisation a changé l’habitude d’alimentation.

L’UNESCO vient de classer la cuisine japonaise au patrimoine mondial en décembre dernier, ce qui en fait la deuxième cuisine nationale à recevoir cette distinction après la cuisine française. Une des raisons de ce classement est certainement la popularité croissante de la cuisine japonaise à travers le monde. La cuisine japonaise comme Sushi et Tempoura est plus populaire qu’avant au niveau mondial et les restaurants japonais sont à la mode dans de nombreux pays. Mais, paradoxalement, la cuisine japonaise traditionnelle appelée « Washoku », composée typiquement de riz, soupe de Miso (pâté de soja) et poisson grillé ou cuit avec légumes, risque de disparaître dans les familles au Japon, en cédant sa place de plus en plus à la cuisine « internationale » comme les spaghetti et les hamburgers. La prise de conscience de la nécessité de sauvegarder la cuisine japonaise était aussi une des raisons pour lesquelles le Gouvernement du Japon souhaitait son classement au patrimoine mondial. La mondialisation de l’alimentation peut contribuer à la gastronomie en enrichissant la cuisine qu’on mange, mais en même temps elle risque d’uniformiser les cuisines dans le monde.

J’ai commencé à cultiver les légumes nécessaires à la cuisine japonaise dans mon potager. Un de ces légumes est « Daikon », un radis blanc, mais sa taille est plus grande que celui qu’on trouve ici. Lors de la dernière rencontre avec les responsables du Ministère de l’Agriculture, je leur ai apporté ce Daikon dont la longueur est de 40 cm et le diamètre de 10 cm. Ils avaient l’air d’être impressionné par sa taille et m’ont demandé le type de graine et la méthode de culture. On dirait qu’à l’origine, les radis proviennent de cette région de la Méditerranée. Hérodote écrit que les bâtisseurs de pyramides se régalaient de radis. On trouve les premières traces de radis dans les ruines des sites antiques avant J.C. au Japon. On ne sait pas exactement pourquoi les radis japonais sont plus grands que les autres, mais je présume que c’est peut-être le résultat des efforts des agriculteurs. Comme les terrains agricoles sont très limités au Japon, ils ont déployé tous les efforts jusqu’à présent pour augmenter la productivité. Ce ne serait pas une erreur de croire qu’ils ont finalement réussi à agrandir les radis après des années d’efforts.

La production des produits agricoles est actuellement estimée à 2 milliards de tonnes au niveau mondial. D’après la FAO, à l’an 2050 où la population mondiale serait plus de 9 milliards, il faudrait augmenter la production agricole de 70%. L’Algérie dispose de vastes terrains agricoles. Si on utilise la technique de la production japonaise dans les terrains algériens, on pourra certainement contribuer à la solution du problème de l’alimentation. La mondialisation ne se limite pas à la gastronomie, mais s’applique également à la production de l’alimentation.


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