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Lettre de S.E.M. Tsukasa KAWADA
Ambassadeur du Japon en Algérie

décembre 2013 -Lettre n°6 « L’égalité ou la compétition »-

ambassadeur

Mon épouse a trouvé une petite annonce d’appel à candidature pour l’exposition d’art « le Salon d’Automne d’Alger » dans un journal au début de cet été. Comme un peintre amateur, je suis tenté d’y participer. J’ai envoyé les photos de mes tableaux au secrètariat et il a gracieusement accepté de les exposer.

Le Salon d’Automne est en cours en ce moment au Palais de la Culture. Les oeuvres des soixante-dix artistes y sont exposées. C’est une manifestation impréssionante où chaque artiste exprime son attachement, son amour et sa pensée vers la nature, le paysage, les hommes et les femmes et la tradition d’une façon ou une autre. J’ai vu de nombreuses expositions jusqu’à présent, mais le Salon d’Automne se distingue des autres en ce sens qu’on peut apercevoir une force inexplicable, si j’ose dire, une sorte d’émanation vigoureuse de l’âme du peuple algérien, dans toutes les œuvres. C’était très agréable pour moi de regarder un tableau après l’autre en imaginant la vie vécu par l’auteur.

Cependant, j’ai remarqué une anomalie, c’est du moins ce que j’ai pensé, dans cette exposition. Il n’y a aucune oeuvre qui a remporté un prix comme le prix d’or ou d’argent. En répondant à ma question, un responsable de l’exposition a dit, « Ce n’est pas possible de donner à des oeuvres leur classement en décernant des prix, parce que toutes les œuvres ont leur particularités si magnifiques qu’on ne peut les classifier ». J’ai été impressionné par ses paroles qui me semblaient tout à fait justifiées. Il est vrai qu’il est très difficile de classer ces tableaux qui attirent le monde par leur charme différent. Mais, en y réfléchissant, je me suis demandé comment un artiste talentueux pouvait être distingué des autres. Un talent ne peut pas être un talent sans être découvert. Il arrive souvent qu’un artiste devient célèbre après avoir remporté un prix dans un concours.

Au Japon, des enseignants étaient très soucieux de traiter avec égalité des élèves à un moment donné. Ils ont même arrêté des enfants avant d’arriver à la ligne de but dans la course sur 100 mètres afin que tous les enfants arrivent à la ligne en même temps. Le résultat était évident. Des enfants, y compris un enfant qui a le talent de sport, ont cessé de courir sérieusement.

C’est une question difficile. Dans la compétition, un gagnant est heureux et un perdant est triste. La différence entre le gagnant et le perdant est d’ailleurs parfois très petite. Mais, si’il n’y a pas de compétition, on ne peut pas trouver un talent, où plutôt on gâche un talent. Dans l’histoire humaine, on a toujours cherché un équilibre entre la compétition et l’égalité, un équilibre que seul Dieu connaîtrait probablement. T.K

  • Ghardaia : Rencontre avec l’avenir(PDF)

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